Début Janvier

Début Janvier

 

Scènes de mangeoire : le grosbec
Un couple de grosbecs vient régulièrement à la mangeoire. Pour ceux qui ne connaissent pas cet oiseau, c’est le plus gros, et un des plus beaux visiteurs des mangeoires. Il est environ 3 fois plus gros qu’une mésange. Par sa taille et celle de son bec, il impressionne tous les autres. Le mâle a une calotte brune et le bout de la queue blanc, la femelle est moins contrastée. Le grosbec aime le calme, et il apprécie d’être seul lorsqu’il mange.

GROS BEC

Le mâle s’installe dans la mangeoire plateau. Il prend une graine de tournesol dans son bec, la mâchouille pour la dépioter, tourne la tête à droite, à gauche, crache l’enveloppe de la graine, en prend une autre… Mais des mésanges (charbonnières et bleues) viennent sans cesse chiper des graines autour de lui. Et ça l’énerve ! Les mésanges sont vives et audacieuses. En une seconde elles se laissent tomber dans la mangeoire, s’emparent d’une graine et sont déjà reparties dans un petit bruissement d’ailes, frrrrouttt… Le grosbec tente de les repousser mais les mésanges approchent de tous côtés : par dessus, par dessous, à droite, à gauche ! Il tente de les effrayer, leur fonce dessus, mais d’autres oiseaux viennent dans son dos chiper des graines, ce qui l’agace prodigieusement ! Le pauvre ne sait plus où donner de la tête pour repousser les assaillantes ! Il en oublie même de manger !
Au comble de l’énervement, le grosbec abandonne la mangeoire et tente de poursuivre les mésanges de branche en branche dans les buissons alentour, mais il est beaucoup plus lourd et malhabile qu’elles. Pendant ce temps, d’autres oiseaux sont déjà attablés. Le grosbec revient, les chasse à nouveau, puis quitte la mangeoire brusquement.

mangeoire

Pinson, mésanges, verdier, rougegorge, chardonneret, tarin, accenteur…

On voit souvent des oiseaux agacés par la promiscuité due à la mangeoire. Le grosbec chasse tous les autres, mais le verdier peut chasser le pinson des arbres, qui chasse les mésanges. Le rougegorge et l’accenteur se débrouillent, se faufilent et réussissent à prendre quelques miettes de temps en temps. La sittelle ne s’attarde pas : elle surgit, prend une graine et repart la décortiquer plus loin. Les moineaux domestiques sont costauds et ne se laissent impressionner que par le grosbec. Les chardonnerets, nombreux, se querellent facilement entre eux, ou avec n’importe quel autre oiseau. Entre eux, le plus énervé fonce sur son adversaire en gonflant ses ailes qu’il fait trembler, et en criant. Parfois, le duel se déroule en l’air : les deux oiseaux se font face en battant des ailes très vite et en criant, et restent ainsi suspendus 2 ou 3 secondes. Les tarins des aulnes ont une stratégie simple : l’invasion massive. Ils sont petits mais nombreux, et ils ont faim ! Ils arrivent à vingt ou trente, envahissent la mangeoire et poussent tous les autres dehors.
Certains pinsons mâles ont déjà des bandes d’un blanc éclatant sur les ailes (plumage nuptial), et ce sont eux les plus agressifs avec leurs congénères. Depuis deux ou trois hivers, on voit parfois à la mangeoire un verdier atteint d’albinisme partiel : son dos est de couleur normale, mais sa tête et sa poitrine sont blanches. Parfois, rarement, un pic épeiche -énorme !- vient piocher dans les graines. Il en fait tomber beaucoup plus qu’il n’en consomme, tant mieux pour ceux qui se nourrissent au sol.

Verdier

L’hygiène de la mangeoire

Si la promiscuité autour des mangeoires provoque parfois des scènes d’énervement ou des querelles, elle peut aussi et surtout favoriser la propagation de maladies comme la poxvirose aviaire. Cette maladie virale provoque des nodules volumineux et rouges sur la tête des oiseaux. La seule solution c’est l’hygiène, et la désinfection régulière des mangeoires à l’eau de Javel diluée. Plus d’infos dans le LPO info Isère n°47, page 21. Lien d’accès : http://isere.lpo.fr/wp-content/uploads/2015/01/LPO_Info_47.pdf

Les chants nouveaux

Peu à peu, les oiseaux sédentaires retrouvent leur chant. Premier chant du grimpereau des jardins le 10 janvier, de la mésange nonnette et de la grive draine le 11. Les mésanges charbonnières et bleues chantent à toute heure, les pics épeiches tambourinent longuement dans les branches mortes des châtaigniers, les pics verts lancent de grands éclats de rire très sonores, c’est leur chant. Premières strophes du troglodyte l’après-midi, au soleil. Le soir, les pigeons ramiers roucoulent dans les bois. Premiers cris des pinsons des arbres (pink-pink ! ou cling-cling !).

Grand corbeau, pie

Un après-midi, cinq grands corbeaux tournoient haut dans le ciel, se poursuivent, se rejoignent, se séparent… en lançant de gros krok-krok de temps en temps. Visiblement ils voltigent pour le plaisir. Les buses aussi tournoient longuement en criant.PIE
Près du village, les pies sont très affairées. On les voit en couples ou en groupes. Une pie transporte une branchette qui semblent trop grande pour elle. D’autres se montrent au plus haut qu’elles peuvent : à l’extrême cime d’un grand arbre, au sommet d’un feu rouge surplombant une avenue en ville.

Insectes

Vus également toutes sortes d’insectes réveillés par la douceur des températures : quelques abeilles tentent une première sortie, des mouches, des syrphes au vol stationnaire, des petits nuages de moucherons tourbillonnants, quelques coccinelles, un criquet, et un papillon brun, pressé, qui ne me laisse pas le temps de l’identifier.
Le printemps est en route !

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