Début juillet

Début juillet

Pour ce qui est des oiseaux, ici, dans les collines d’Ardèche, on entend encore et surtout la fauvette à tête noire, toujours aussi pipelette, à toute heure ; quelques strophes de pouillot véloce, pinson, serin, grimpereau des jardins, troglodyte, tourterelle des bois et alouette lulu. La grive musicienne chante encore, le soir vers 21 h 30, tonique et pleine d’entrain, comme d’habitude. Au village, les hirondelles de fenêtre nourrissent encore des jeunes dans leurs nids sous les avancées des toits. C’est peut-être leur troisième nichée. Et les jeunes martinets noirs ont déjà quitté les nids et ils jouent à se poursuivre comme des fous, à plus de 100 kilomètres à l’heure, en lançant de grands sifflements aigus.

MARTINET

CHARDONNERETS

C’est la saison des jeunes. J’ai assisté le 12 juillet, l’après-midi, à l’envol des jeunes chardonnerets qui nichaient dans le rosier, contre le mur de la maison. J’ai aussi enregistré la scène : un adulte se tient à environ un mètre du nid, bien en vue, et il lance de jolis petits cris, comme des appels. Dans le nid, c’est la révolte, ça se bouscule et ça crie fort ! Mais au lieu d’apporter à manger comme d’habitude, les adultes sifflotent ! Tenaillés par la faim, excédés, les petits essayent nerveusement leurs ailes au bord du nid, encouragés par les cris des adultes. Et ça y est ! Un oisillon a sauté, il bat des ailes à toute vitesse et se pose maladroitement à quelques mètres, dans les feuillages de l’acacia. Ses frères et soeurs le suivent bientôt, et tout l’arbre résonne des appels des jeunes et des parents. Le soir, toute la famille est partie.

CHARDO

ROUGEQUEUES NOIRS

Même genre de scène chez les rougequeues noirs. Je les ai bien observés : les parents apportent de grosses becquées d’insectes à leurs petits environ une fois par minute, 60 fois par heure, et environ 12 à 14 heures par jour, ce qui représente au moins 700 voyages quotidiens. C’est un boulot à plein temps ! Sachant qu’une grosse becquée contient entre 5 et 10 insectes, on arrive à plusieurs milliers d’insectes détruits chaque jour par un couple de rougequeues. Et chez les mésanges, les chiffres sont encore plus impressionnants. Si les oiseaux disparaissaient, nous serions sans doute dévorés par des milliards de moustiques et autres petites bestioles… Les jeunes mésanges charbonnières ont quitté leur nichoir le 4 juillet, et on entend leurs appels dans les arbres alentour. Les parents vont encore les nourrir une quinzaine de jours.

Charbonnière

J’ai découvert par hasard une merlette en train de couver sur son nid, contre le tronc d’un chêne, à environ trois mètres du sol. Du nid dépassent sa queue d’un côté, et son bec de l’autre. Elles m’avait forcément vu et entendu depuis longtemps mais n’a pas bougé, alors que je me trouvais tout près du nid. Son immobilité est une bonne stratégie : j’avais vu le nid mais le croyais vide, et j’ai dû l’observer très attentivement pour découvrir la couveuse !

Les oiseaux cessent peu à peu de chanter, mais les insectes sont de plus en plus sonores. Les grandes sauterelles vertes stridulent depuis le début du mois, le soir, perchées dans les arbres. Au crépuscule, on entend parfois des cris de renards (un jappement clair : Whaïïïï !), et des aboiements de chevreuils. Même les grenouilles vertes de la mare sont plus calmes, on ne les entend presque plus.

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