Fin octobre

Fin octobre

 

Les migrateurs

Des milliers d'oiseaux continuent d'arriver d'Europe du Nord, bruants, serins, verdiers, chardonnerets, linottes, bouvreuils, buses, grives qui ont passé l'été dans les grandes forêts scandinaves. GRIVE DRAINE

Les étourneaux se réunissent chaque soir dans le même arbre qui leur sert de dortoir, et ça fait du bruit ! Il y a quelques années, à Valence, c'était un platane de la place de la gare. Et chaque matin, les voitures garées sous l'arbre étaient couvertes de fientes !

Dans les bois, les mésanges se baladent en troupe rassemblant des charbonnières, nonnettes, bleues, huppées et à longue queue. On les repère à leurs petits cris de contact. J'ai également entendu des strophes de chant et des cris de grimpereau des jardins. MÉSANGES

Du nord et de l'est de l'Europe arrivent aussi des dizaines de milliers de rougegorges. Ils  voyagent seuls, de nuit et cherchent un bon coin où passer l'hiver. Ce qui ne manque pas de provoquer d'interminables querelles avec les autochtones. 

Le Rougegorge

Il est bien joli, vif et familier, sympathique, mais quel caractère ! Agressif avec ses congénères, soupe au lait, il vit seul sur son territoire, et entend le rester. On voit toujours le rougegorge seul. La simple vue d'un oiseau au ventre rouge le met hors de lui ! Suspendez des petites plumes rouges dans un arbre, il viendra les déchirer ! Devant un miroir, ce colérique est capable de s'assomer contre son propre reflet, qu'il prend pour un rival !

L'oiseau a plusieurs particularités. Les mâles et les femelles sont parfaitement identiques, avec le même plastron orange, ce qui ne simplifie pas les rencontres. De plus, chacun est très territorial, et aime rester chez soi toute l'année. Mais voici qu'arrivent des hordes de rougegorges qui envahissent la région. On entend en ce moment des rougegorges qui ont de curieux accents, des façons de chanter, de choisir les notes autrement que les locaux. 

ROUGEGORGE

En quête d'un territoire, l'étranger lance quelques strophes de chant par ci par là, pour tâter le terrain. Comme il n'y a ni pancarte ni barrière, il ne sait pas qu'il est dans une propriété privée. Le propriétaire l'a très bien entendu et lui répond de loin en chantant plus fort, quelque chose qui signifie : "Oui, il y a quelqu'un, c'est privé ici !". Normalement, l'étranger n'insiste pas. Mais s'il est un peu sourd, ou que le territoire est intéressant, il chante une seconde strophe. Quel toupet ! Et quel affront pour le propriétaire qui se rapproche de l'étranger, gonfle et hérisse les plumes de son plastron orange, et lui répète ce qu'il lui a déjà dit. Si l'étranger ne s'enfuit pas, il y aura poursuite, et peut-être bagarre, ce qui est très rare.

On entend donc en ce moment le chant des rougegorges, à la tonalité plus agressive qu'au printemps puisque ce ne sont que des querelles, des cris, séries de tic-tic-tic s'accélérant en rafales de tigidictictic, et des cris très fins, aigus et peu sonores : tsii

Chez les mammifères

Après le brâme des cerfs qui touche à sa fin, voici le rut des chamois. C'est le bon moment pour les observer car l'amour les rend un peu fous et imprudents. Les mâles se mettent à rechercher les femelles qui vivent en troupe, avec les jeunes de l'année. Avec un peu de chance, on peut les voir se balader ou se poursuivre. Plutôt le matin ou en fin de journée, et avec une bonne veste.

En montagne, les marmottes sont déjà endormies au fond de leurs terriers. De l'intérieur, elles ont soigneusement refermé la porte avant de se coucher, avec un gros bouchon de paille et d'herbe. 

Bricolage

C'est le moment de fabriquer des nichoirs à oiseaux pour le printemps prochain. Les mésanges cherchent déjà une cavité, un trou dans un arbre ou un nichoir. On peut trouver des plans ou des modèles facilement, dans le catalogue de la LPO par exemple. L'important est le diamètre du trou d'envol : 28 mm pour accueillir les mésanges bleues, 32 mm pour les charbonnières. Et on peut déjà les accrocher dans un coin tranquille, les oiseaux auront le temps de s'y habituer. Les charbonnières dorment chaque soir, toute l'année dans un gîte nocturne.

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